Agir face à la guerre

Cet article a été publié dans la newsletter du 10 mars 2022.

Agir face à la guerre

— 10 mars 2022

La guerre s’est déclarée en Europe, exac­er­bant ain­si celle de l’information. Les médias en ont bien con­science et s’en­ga­gent à la fois dans leurs enquêtes jusque dans les mots qu’ils utilisent. Plus que jamais l’accès à une infor­ma­tion factuelle et véri­fiée est une néces­sité. On vous pro­pose trois façons d’agir quelle que soit l’échelle. 

Fil­tr­er les informations 
Beau­coup de con­tenus cir­cu­lent sur le con­flit en Ukraine et notam­ment des fauss­es infor­ma­tions. Pour bien s’informer, Numera­ma a dressé une petite liste de médias et de reporters présents sur place à suiv­re. Le jour­nal­iste Thomas Eydoux mène un tra­vail remar­quable pour France 24 grâce à l’OSINT, le ren­seigne­ment en sources ouvertes. C’est un out­il per­me­t­tant, par exem­ple, d’analyser les images dif­fusées sur les réseaux soci­aux.

Compter sur son audience
Alors que les jour­nal­istes du média d’enquête Refletsétaient à la recherche de caméras acces­si­bles via Inter­net pour suiv­re le con­flit, l’équipe s’est retrou­vée par hasard dans les voitures de police ukraini­ennes. Reprise par l’AFP, l’enquête a cir­culé et a per­mis au média indépen­dant d’inter­peller ses lecteur·ices sur la néces­sité d’un sou­tien financier pour con­tin­uer leur tra­vail. En Ukraine, The Kyiv Inde­pen­dent se pose une ques­tion : par­tir ou rester ? De l’autre côté de la fron­tière en Russie, les médias indépen­dants se bat­tent pour fournir une infor­ma­tion non dic­tée par le Krem­lin.

Choisir ses mots
Quand le choix séman­tique est un choix poli­tique. Libéra­tion choisit d’écrire à présent Kyiv plutôt que Kiev. « La rai­son poli­tique s’impose », pré­cise le jour­nal, le deux­ième cor­re­spon­dant à la dénom­i­na­tion russe. De leur côté, la plu­part des médias anglo­phones ont adop­té cette écri­t­ure dès le mois de jan­vi­er comme la BBC. Le change­ment séman­tique devient une forme d’engagement pour le jour­nal comme l’explique à ses lecteur·ices François Car­di­nal du jour­nal cana­di­en La Presse, et recon­nait que cela peut en heurter certain·es. En Russie, alors que la plu­part des jour­naux indépen­dants et les réseaux soci­aux ont été blo­qués, The Vil­lage a fait un choix édi­to­r­i­al, et a annon­cé à ses lecteur·ices qu’il réécrivait tous ses arti­cles par­lant d’une guerre pour échap­per aux sanctions.

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