La Déferlante : du journalisme à l’aventure entrepreneuriale

La revue féministe rassemble près de 7 000 abonné·es et ses deux premiers numéros ont été vendus à une moyenne de 10 000 exemplaires en librairie.

La Déferlante : du journalisme à l’aventure entrepreneuriale — 4/5

— 9 décembre 2021
Lucie Geffroy, Marion Pillas, Marie Barbier et Emmanuelle Josse, cofondatrices de La Déferlante.

Le pre­mier numéro de la revue a vu le jour en mars 2021 grâce à une cam­pagne de crowd­fund­ing. La Défer­lante compte sur sa com­mu­nauté active et une ligne édi­to­ri­ale engagée. Ren­con­tre autour du pro­jet de qua­tre cofon­da­tri­ces qui ont expéri­men­té leur pre­mière aven­ture entrepreneuriale. 

Notre série (Ils ont lancé leur média en 2021, ils racon­tent) : les jour­nal­istes qui s’allient pour créer un média… On a donc pen­sé au duo d’Epsiloon mais avez-vous enten­du par­ler du quatuor de La Défer­lante ? Une newslet­ter et depuis mars 2021, une revue fémin­iste. À l’origine du pro­jet, Emmanuelle Josse, Marie Bar­bi­er, Lucie Gef­froy et Mar­i­on Pil­las. Dans ce qua­trième épisode de la série, Per­rine Daubas, la direc­trice exéc­u­tive, nous racon­te l’aventure de La Déferlante.

Penser une newslet­ter et une revue papi­er requiert des com­pé­tences divers­es et du temps. Quelles ques­tions stratégiques vous êtes-vous posées avant de vous lancer ? 

On s’est appuyées sur nos atouts : qua­tre pro­fes­sion­nelles des médias, dont trois jour­nal­istes, et un pro­jet ambitieux avec un objec­tif pré­cis : pren­dre du recul sur les débats fémin­istes. Au départ, nous devions aller chercher nos pre­miers lecteurs et lec­tri­ces alors on a créé un groupe Face­book pour les gens intéressés par le pro­jet, on est allé chercher notre réseau proche puis le bouche à oreille à pris le relais. Il y a une forte demande sur les sujets qui touchent au fémin­isme. Le tout était de car­togra­phi­er notre com­mu­nauté pour savoir sur quelles per­son­nes nous pou­vions nous appuy­er afin d’élargir notre audi­ence. Je pense à des fig­ures fortes, des per­son­nal­ités, que l’on retrou­ve dans la revue. La ques­tion était : est-ce qu’on peut se per­me­t­tre de pro­pos­er un objet de qual­ité tel que la revue ? Par quels canaux de dif­fu­sion devons-nous passer ? 

Vous avez lancé une cam­pagne de crowd­fund­ing en novem­bre 2020, en quoi a‑t-elle été bénéfique ? 

Cette cam­pagne par­tic­i­pa­tive a été com­plète­ment déci­sive dans le pro­jet. C’est à la fois une manière de tester sa fais­abil­ité, de voir s’il y a une audi­ence pos­si­ble, et de con­naître le noy­au dur de notre audi­ence. Le crowd­fund­ing nous a aus­si per­mis de com­mu­ni­quer à un pub­lic plus large. L’avantage surtout est qu’il per­met de se créer une base de don­nées et de repér­er qui sont les donateur·ices les plus important·es et les poten­tiels futurs parte­naires et investisseur·euses.

Aus­si, l’apport indé­ni­able de cette cam­pagne réside bien sûr dans sa rai­son pre­mière, le finance­ment, soit env­i­ron 260 000 euros. Notre cam­pagne nous a per­mis de démar­rer la pre­mière année d’ex­is­tence de La Défer­lante sere­ine­ment. Je suis cer­taine que si nous avons pu ven­dre plus de 20 000 exem­plaires du numéro 1, et attein­dre aus­si vite la barre des 7 000 abonné·es à la revue papi­er, c’est en par­tie grâce à cette cam­pagne de finance­ment participatif.

Si je devais don­ner des con­seils avant de se lancer dans une cam­pagne de crowd­fund­ing, je dirais que cela se pré­pare. Il faut rechercher ce qui existe, ce qui se fait, et les méth­odes qui fonctionnent. 

À quel point vous êtes-vous appuyées sur votre communauté ? 

Depuis la sor­tie du pre­mier numéro en mars dernier, nous organ­isons des événe­ments pour aller à la ren­con­tre de nos lecteur·ices. Il y a les ren­con­tres en librairie qui sont très rich­es, puisque nous échangeons autour de dis­cus­sions informelles avec les lecteur·ices et les libraires qui vendent notre revue. C’est un moment où nous pou­vons glan­er des idées de sujets, où des per­son­nes vien­nent nous pro­pos­er des sujets. Et puis nous organ­isons des événe­ments en ligne. Là, l’ob­jec­tif est de touch­er une audi­ence plus large. Comme dans la revue, nous invi­tons des fig­ures con­nues du fémin­isme qui, elles-mêmes, ont un impact et touchent leur pro­pre communauté. 

Christelle Perrin pour Médianes

Chris­telle Per­rin pour Médi­anes, le studio.

Quels con­seils don­ner­iez-vous à quelqu’un qui voudrait lancer un média ?

Je suis con­va­in­cue que la manière dont on s’en­toure est une des clés. Il faut con­naître les méth­odes qui fonc­tion­nent et les bonnes pra­tiques. Le papi­er est un secteur dif­fi­cile mais on peut lancer un média si l’on va voir les bonnes per­son­nes, des professionnel·les qui peu­vent nous con­seiller. La Défer­lante en est un exem­ple, les cofon­da­tri­ces ont défi­ni une ligne édi­to­ri­ale claire avec une com­mu­nauté struc­turée et iden­ti­fiée mais elles ont pris le temps de bien s’entourer. Il ne faut pas vouloir brûler les étapes et garder une forme d’humilité.

N.D.L.R. : Médi­anes, le stu­dio, accom­pa­gne La Défer­lante dans son développe­ment stratégique.

N.D.L.R. : cet arti­cle a été édité le 20 jan­vi­er 2022, nous y avons notam­ment ajouté des élé­ments chiffrés.

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