Climax : un deuxième projet après le succès du premier

Lancée en 2021, Climax est une newsletter payante sur le changement climatique, sortie quelques mois après la newsletter TechTrash.

Climax : lancer un deuxième projet après le succès du premier — 5/5

— 9 décembre 2021

Dan Geisel­hart et Lau­ren Boudard ont lancé en 2017 la newslet­ter Tech­Trash alliant info tech et humour, et rassem­ble 30 000 abonné·es. Cette année, une deux­ième newslet­ter a vu le jour : Cli­max qui abor­de les actu­al­ités liées au change­ment cli­ma­tique. Ils mis­ent sur le sar­casme pour dénon­cer cer­taines inac­tions poli­tiques. Pour ce deux­ième pro­jet, ils passent par une stratégie dif­férente car la newslet­ter est payante, pour un pub­lic plus engagé. Cli­max a rem­porté le prix « start-up 2021 du meilleur média émer­gent » à Médias en Seine, et compte 1 000 abonné·es.

Notre série (Ils ont lancé leur média en 2021, ils racon­tent) : trou­ver l’équilibre financier quelques mois après avoir lancé son média, c’est l’une des dif­fi­cultés pour les fon­da­teurs. Ain­si, La Défer­lante fait appel à des investis­seurs et invite Medi­a­part dans son cap­i­tal. Autre dif­fi­culté : lancer un pro­jet après le suc­cès du pre­mier. C’est ce qu’ont fait Dan Geisel­hart et Lau­ren Boudard avec Cli­max, les invités du cinquième et dernier épisode.

Cli­max est votre deux­ième newslet­ter après Tech­Trash, com­ment vous l’avez pensé ? 

L’humour fait par­tie de notre ton et de notre pat­te, donc on voulait absol­u­ment garder cet esprit. Cli­max est né d’une frus­tra­tion, celle de vouloir par­ler de sujets graves comme le change­ment cli­ma­tique mais nous ne savions pas par quel bout pren­dre le prob­lème. Alors avec la newslet­ter on entre dans le sujet d’une manière plus légère en gar­dant le sérieux d’une prob­lé­ma­tique inquié­tante. On veut s’ex­tir­p­er de l’aspect anx­iogène sou­vent util­isé par les médias pour abor­der la question. 

 

Vous avez lancé une cam­pagne de crowd­fund­ing pour Cli­max, quelle a été votre stratégie ? 

La com­mu­nauté Tech­Trash rassem­ble 30 000 abonné·es donc c’était un bon levi­er pour la cam­pagne. L’objectif était aus­si d’aller chercher un autre pub­lic intéressé par la thé­ma­tique du réchauf­fe­ment cli­ma­tique. La pre­mière chose a été de choisir la bonne plate­forme de crowd­fund­ing. KissKiss­BankBank était une bonne option car on avait un con­tact donc on a été accom­pa­g­nés. La stratégie dans la cam­pagne de finance­ment est de procéder par cer­cles con­cen­triques, c’est-à-dire que l’on en par­le à notre réseau proche puis on élar­git. Beau­coup de médias papiers passent par le crowd­fund­ing et sou­vent cela fonc­tionne. La dif­fi­culté ici, est que l’on pro­pose un pro­duit dématéri­al­isé et une par­tie du pub­lic voit encore la newslet­ter comme un out­il mar­ket­ing et non comme un pro­duit édi­to­r­i­al à part entière. 

Con­traire­ment à Tech­Trash vous avez décidé de ren­dre Cli­max payant, pourquoi ? 

Cli­max compte beau­coup moins d’abonné·es que Tech­Trash. Pour Tech­Trash, on est passé par le don. On a vu les lim­ites de ce procédé au niveau de la solid­ité et de la péren­nité de notre pro­jet. En ren­dant la newslet­ter Cli­max payante à qua­tre euros par mois, on s’adresse à une com­mu­nauté très engagée qui choisit de pay­er pour nous lire. En sep­tem­bre, nous avons envoyé un ques­tion­naire au pub­lic de Cli­max pour mieux con­naître leur pro­fil. Les retours sont con­formes à ce que nous voulons : être proche de nos lecteur·ices, pro­pos­er une newslet­ter incar­née et éditorialisée. 

Avec votre stu­dio Cour­riel, vous con­seillez des auteur·ices de newslet­ters, quelles pistes de réflex­ion donnez-vous ? 

La newslet­ter c’est un peu comme la radio pirate, c’est quelque chose d’intimiste qui rassem­ble une com­mu­nauté. Le tout est de savoir dévelop­per un ton et une offre atyp­ique pour que le lecteur s’y intéresse. Il ne faut pas avoir peur d’être décalé·e, de racon­ter des his­toires improb­a­bles et sor­tir des sen­tiers bat­tus. L’incarnation se fait par un ton ou même par des rubriques fortes. Par exem­ple, avec Tech­Trash on a démar­ré pour le plaisir puis la stratégie économique s’est faite au fur et à mesure, comme Cli­max qui se con­stru­it au fil des édi­tions. Aujourd’hui on vit de notre activ­ité parce qu’au fur et à mesure nous avons acquis des com­pé­tences et il nous reste encore à appren­dre. Se lancer, c’est le plus dur.


Pour aller plus loin

Retour d’expérience sur Tech­trash — Dan Geisel­hart et Lau­ren Boudard évo­quent leur pre­mière newslet­ter dans un entre­tien accordé à Ginkio.

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