Bonjour à vous,
Dans les médias, adopter un design féministe, c’est affirmer la volonté de créer des espaces d’expression et de représentation inclusifs pour tous et toutes. Aujourd’hui, on explore les moyens concrets de donner vie à ce principe.
Variation sur un même thème, nous en profitons pour vous repartager un entretien aux côtés de Clémentine Labrosse, cofondatrice de la revue Censored et des éditions trouble dans lequel nous nous interrogeons sur la dimension féministe de l’impression.
Également dans cette édition, un coup de gueule bienvenu de Valérie Damidot sur l’importance d’une presse libre, les 90 ans du Journal de Mickey, le renouveau du Fooding et les efforts — parfois infructueux — d’Arrêt sur images pour amener plus de parité en plateau.
Bonne lecture,
— MARINE SLAVITCH, JOURNALISTE CHEZ MÉDIANES
Pourquoi pas ?
DES IDÉES POUR VOS MÉDIAS
En remettant en question les normes graphiques traditionnelles et en explorant des formes nouvelles, le design féministe crée des espaces où chacun·e peut s’exprimer librement et se sentir représenté·e. Concrètement, qu’implique-t-il ?
Inclure
S’intéresser au design féministe, c’est manifester l’intention de s’adresser à un public diversifié en adoptant des outils inclusifs. Par exemple, le collectif Bye Bye Binary explore des formes typographiques non-binaires pour représenter la diversité des genres dans la langue française, bousculant les normes graphiques traditionnelles. De leur côté, des banques d’images comme Nappy.co ou The Gender Spectrum Collection proposent des visuels créés par des artistes femmes et non-binaires, mettant en lumière la richesse et la complexité des corps, des identités et des expériences.
Expérimenter
Le design féministe ne se limite pas à un unique support ou une esthétique figée. Au contraire, il expérimente à travers les formes pour diffuser ses messages et créer de nouveaux imaginaires. Quand Le Torchon brûle, une des premières revues féministes françaises, adoptait en son temps une esthétique radicale, avec des écritures manuscrites et des photographies provocatrices, la revue Censored aime proposer dans ses pages des poèmes ou des photographies contemplatives, offrant ainsi un espace de réflexion et d’introspection.
Horizontaliser
Dans le processus de création, le design féministe vise l’horizontalisation. Plutôt que de privilégier la hiérarchie, il s’agit de mettre l’accent sur un modèle où chaque voix est entendue et valorisée. Cela se traduit par la mise en place de processus plus inclusifs, participatifs et équitables pour tous. Loin de rechercher uniquement la rentabilité ou l’efficacité immédiate, le design féministe aspire à un bien-être collectif. Il place l’écoute et l’empathie au cœur de sa démarche afin d’éviter toute posture paternaliste. Ce modèle s’inspire de la théorie queer qui remet en question les normes établies et encourage l’expérimentation collective.
Pour aller plus loin, ce projet de recherche, mené par l’illustratrice Céline Abadine, est une mine d’or pour explorer plus en profondeur l’histoire et les implications du design féministe.
Du côté du studio
FOCUS SUR UN PROJET
Depuis les débuts de Médianes, nous avons misé sur la mutualisation des efforts et des ressources, un levier essentiel pour renforcer l’impact des médias indépendants.
C’est dans cette optique que, depuis octobre, Médianes a pris la coordination de Sphera, un réseau de médias indépendants en Europe, jusqu’ici porté par l’association Babel International. Sphera promeut un journalisme transfrontalier, humain et socialement engagé, en encourageant la collaboration éditoriale via des reportages, podcasts, vidéos et événements, entre ses dix partenaires basés dans sept pays d’Europe.
En mutualisant nos forces et nos expertises, cette nouvelle étape nous permet de consolider nos ambitions communes pour soutenir les médias indépendants à travers l’Europe. Pourquoi ce rapprochement ? Qu’est-ce que cela signifie pour Médianes ? Nous vous en disons plus dans cet article.

Dans notre radar
NOTRE VEILLE POUR ACCOMPAGNER VOS PROJETS
40/60
PAULINE BOCK / ARRÊT SUR IMAGES
Pourquoi les plateaux d’Arrêt sur images sont-ils de moins en moins paritaires ? s’est questionnée une fidèle du site. La réponse, signée de la rédactrice en chef du média Pauline Bock est pleine de transparence et d’enseignements. Elle souligne que les femmes sont de plus en plus nombreuses à décliner les invitations, souvent en raison d’un sentiment de légitimité insuffisant. En réponse à cette situation, les journalistes de la rédaction se sont engagé·es à une règle : ne pas inviter d’hommes tant qu’aucune femme n’est confirmée.
Sauver les indés
PHILIPPE VION-DURY / FRACAS
Dans ce post, Philippe Vion-Dury, cofondateur du média d’écologie radicale Fracas propose des pistes pour renforcer la presse indépendante face aux grands groupes. Parmi celles-ci : conditionner les aides publiques en fonction du niveau d’indépendance des médias et promouvoir la coopération entre rédactions, notamment en mutualisant locaux, ressources, et fonctions techniques et administratives clés.
Du côté de medianes.org
C’EST DU FAIT MAISON
Pourquoi l’impression est-elle un acte féministe ?
MARINE SLAVITCH / MEDIANES.ORG
Dans cette conversation, Clémentine Labrosse, cofondatrice de la revue Censored et des éditions trouble s’interroge sur la dimension féministe de l’impression, quand le papier devient un outil de résistance et d’émancipation.
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- Après Saint-Malo, le Vercors, Belleville, Mayotte, les Ardennes, c’est au Cotentin que Pays, revue que nous avons cofondée, consacre son sixième numéro. La sortie en librairie est prévue le 7 novembre, et vous pouvez d’ores et déjà précommander la revue.
- Et si vous participiez au financement du premier rapport sur l’état de la liberté de la presse en France? Son rôle : recenser et rendre publiques les entraves à la liberté de la presse, pour que cesse l’impunité. Faites un don à l’Ofalp en cliquant ici.
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Brièvement
COMME ÇA, VOUS SAUREZ
• BFMTV, Investigate Europe, France Télévisions : ces médias recrutent. Découvrez leurs offres.
• Le Journal de Mickey (JDM, pour les ultras) fête ses 90 ans et republie pour l’occasion ses meilleures archives dans trois formats spéciaux.
• La veille hebdomadaire du studio Turbo Polish est parfaite pour découvrir de nouveaux·elles artistes et faire le plein d’inspiration graphique.
• Comment donner un nouveau souffle à un média après le départ de ses fondateur·ices historiques ? Retour d’expérience de Christine Doublet, co-directrice du Fooding.
• Nostalgie de l’Internet d’antan, archivage du web, articles interactifs : chaque jour, ce site propose un article ambiance tech, médias et design.
• Coup de cœur : cet entretien de Politis avec Valérie Damidot. Ça parle français sur la concentration des médias et sur l’importance d’une presse libre et indépendante.
Rendez-vous le 14 novembre !
Merci pour vos messages qui nous ont permis d’enrichir cette newsletter. Nous en profitons pour souhaiter la bienvenue aux équipes de Mediacités, France Médias Monde, du Pass Culture, et à toutes celles et ceux qui se sont inscrit·es récemment.
Allez, on se retrouve le 14 novembre. D’ici là, prenez soin de vous et de vos médias.
— CETTE NEWSLETTER A ÉTÉ PRÉPARÉE PAR MARINE SLAVITCH AVEC L’ÉQUIPE DE MÉDIANES.
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